Le titre « Founder » n’a jamais été aussi visible sur LinkedIn.
Le titre de “fondateur” sur LinkedIn a augmenté de 69% en 2025 (+300% depuis 2022)
Et pourtant, ce n’est pas qu’une tendance de réseau social. Derrière l’affichage, il se passe quelque chose de beaucoup plus profond, une transformation structurelle du rapport au travail, accélérée par l’IA et portée par toute une génération.
Les chiffres qui confirment le basculement
Commençons par les faits, parce qu’ils parlent d’eux-mêmes.
Près de 50 % des adultes de la génération Z déclarent vouloir lancer un projet dans les prochaines années. Et chez Y Combinator l’un des accélérateurs les plus sélectifs au monde l’âge médian des fondateurs est tombé autour de 24 ans.
Ce n’est plus un phénomène marginal réservé à quelques profils atypiques.
En Belgique, fin 2024, on comptait 1 299 825 travailleurs indépendants actifs selon l’INASTI. En France, le nombre de freelances dépasse 1,3 million, avec une projection vers 1,5 million d’ici 2030. À l’échelle européenne, les indépendants représentent 13,8 % de l’emploi total soit près d’un travailleur sur sept.
Autrement dit : ce n’est pas une vibe LinkedIn. C’est une réalité économique documentée.
L’IA a changé les règles du jeu… mais pas tout
« An entrepreneur is someone who jumps off a cliff and builds a plane on the way down. »
Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn
Cette citation résume assez bien ce qu’entreprendre a toujours été : un saut dans le vide avec beaucoup de débrouillardise.
Sauf qu’aujourd’hui, on dispose d’outils pour construire l’avion beaucoup plus vite qu’avant.
Il y a dix ans, créer une entreprise demandait des compétences techniques solides, du capital, un réseau établi et souvent plusieurs années d’expérience. Aujourd’hui, un étudiant peut générer un business plan avec l’IA, créer un branding en quelques heures, lancer une boutique Shopify, vendre via TikTok Shop et automatiser son support client — le tout en quelques semaines.
La barrière technique s’est réduite. L’entrepreneuriat est devenu plus accessible. Mais il n’est pas devenu plus simple.
L’exemple Made By Mitchell
Mitchell Halliday, maquilleur britannique, a lancé sa marque Made By Mitchell en s’appuyant presque exclusivement sur TikTok : lives interactifs, vente directe via TikTok Shop, contenu natif aligné avec l’algorithme, engagement communautaire fort.
Instagram
Résultat : plus d’1 million de dollars de ventes en 24 heures au Royaume-Uni.

Ce cas illustre une chose essentielle : la maîtrise des plateformes peut, dans certains cas, remplacer les circuits traditionnels. Mais derrière ce chiffre impressionnant, il y a une cohérence produit solide, une compréhension fine de l’audience et une discipline que beaucoup sous-estiment quand ils regardent le résultat final.
Les outils facilitent l’entrée. Ils ne remplacent pas la stratégie.
Pourquoi les jeunes diplômés se tournent vers l’entrepreneuriat
La génération Z observe un marché du travail en pleine mutation : ralentissement des embauches dans certains secteurs, pression sur les salaires d’entrée, automatisation croissante des fonctions junior, concurrence internationale accrue.
Dans ce contexte, créer son activité n’est plus un pari romantique. C’est une stratégie de contrôle.
Le CDI n’est plus perçu comme une garantie absolue. L’autonomie apparaît comme une alternative rationnelle et de plus en plus de jeunes diplômés font ce calcul très lucidement.
Par ailleurs, cette génération a grandi avec les entrepreneurs YouTube, les podcasts business, la culture du « build in public » et les success stories amplifiées par les réseaux. Le statut « Founder » est devenu un marqueur identitaire fort.
Mais la réalité reste exigeante. Historiquement, une large majorité des projets entrepreneuriaux échoue dans les premières années. Ce qui fait la différence, c’est la validation du marché, la capacité commerciale, la gestion du cashflow et l’endurance psychologique.
L’envie ne suffit pas. Les outils non plus.
Le vrai basculement : vers des modèles hybrides
Ce qu’on observe concrètement chez les candidats Workers, c’est moins un rejet du salariat qu’une recherche d’autonomie.
Beaucoup veulent de la liberté, de l’impact, de la flexibilité et du sens sans nécessairement assumer un risque financier total. Et c’est une position parfaitement rationnelle.
Le futur du travail ne sera pas binaire. Il sera hybride : entrepreneur, freelance structuré, indépendant complémentaire, intrapreneur, expert salarié à forte autonomie. Les entreprises évoluent dans le même sens : elles recherchent des profils plus responsables, plus agiles, plus orientés résultats.
La question stratégique : êtes-vous fait pour entreprendre ?
Avant de changer votre titre LinkedIn, posez-vous honnêtement ces quatre questions :
- Êtes-vous à l’aise avec l’incertitude financière… vraiment, pas en théorie ?
- Pouvez-vous vendre régulièrement, même quand vous n’en avez pas envie ?
- Êtes-vous discipliné dans la durée, sans manager pour vous cadrer ?
- Supportez-vous la pression décisionnelle permanente, seul, sans filet ?

Entreprendre n’est pas un statut LinkedIn. C’est une posture mentale et stratégique. Et cette posture, tout le monde ne l’a pas. Ce n’est ni un échec, ni une honte.
Career Coach AI : clarifiez votre trajectoire
Chez Workers, nous accompagnons des jeunes diplômés, profils tech, talents business, freelances et candidats en reconversion. La question revient souvent : « Dois-je entreprendre ou évoluer en entreprise ? »
Pour y répondre sérieusement, nous avons développé le Career Coach AI. Il analyse votre profil comportemental, votre rapport au risque, votre autonomie réelle, votre dynamique d’apprentissage et votre positionnement marché. En quelques minutes, vous obtenez une orientation claire : ADN entrepreneurial, profil freelance structuré, intrapreneur potentiel ou expert salarié stratégique.
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Dans un marché en mutation, la lucidité est un avantage compétitif.
Conclusion
Oui, une génération entière bascule vers l’entrepreneuriat. Oui, les chiffres en Belgique, en France et en Europe confirment une croissance structurelle des indépendants. Oui, l’IA accélère le mouvement.
Mais le succès ne dépend pas d’un titre. Il dépend de l’alignement, de la discipline, de la compréhension du marché et du timing.
La décennie des builders est ouverte. La vraie question n’est pas « faut-il entreprendre ? » c’est « où créez-vous le plus de valeur ? »
FAQ
La génération Z veut-elle vraiment entreprendre ?
Oui. Environ 50 % des adultes de la génération Z déclarent vouloir lancer un projet. Cette aspiration est portée par l’accès aux outils digitaux et par une recherche d’autonomie accrue.
Combien y a-t-il d’indépendants en Belgique ?
Fin 2024, la Belgique comptait 1 299 825 indépendants actifs, selon l’INASTI.
Le freelancing est-il en croissance en France ?
Oui. La France compte environ 1,3 million de freelances, avec une projection vers 1,5 million d’ici 2030.
Quelle part de l’emploi européen est indépendante ?
Les indépendants représentent environ 13,8 % de l’emploi total en Europe.
L’IA facilite-t-elle vraiment la création d’entreprise ?
Oui, elle réduit la barrière technique. Mais elle ne remplace ni la stratégie, ni la validation du marché, ni la discipline financière.
Faut-il choisir entre entrepreneuriat et salariat ?
Non. Le marché évolue vers des modèles hybrides combinant autonomie et sécurité relative.